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06/02/2014

Journée Internationale contre les mutilations génitales: La pratique, encore tenace en Côte d'Ivoire

 

 

Le monde entier commémore, ce  jeudi 6 février 2014, la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines (MGF). Courante en Afrique, cette pratique est mondialement reconnue comme une violation des droits de l'homme. 

Selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), quelques 120 à 140 millions de femmes ont été soumises à cette pratique néfaste et 3 millions de filles continuent d'être à risque chaque année. 

 La Côte d’Ivoire est l’un des pays d’Afrique les plus touchés par la pratique de l’excision. On estime à 36% le nombre de femmes excisées dans le pays. Un rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) précise, par ailleurs, que  38% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été excisées entre 2011 et 2012.

La ministre de la Solidarité, de la Famille,  de la Femme et de l’Enfant, Anne Désiré Olotto, dans son adresse à la nation a  révélé que les programmes et les campagnes de lutte contre les mutilations génitales n’ont pas produit les résultats escomptés. « À la faveur de la présente édition de la Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines, nous devrions marquer un arrêt pour analyser le bilan des stratégies mises en œuvre qui ont malheureusement montré toutes leurs limites. Il nous faut  tirer les leçons et envisager des solutions novatrices », a-t-elle alerté.

 Elle  a souhaité une franche mobilisation contre ce fléau. « Frères et sœurs, chers compatriotes, hommes et femmes de Côte d’Ivoire, communautés sœurs vivant en Côte d’Ivoire, tous, nous sommes concernés par les MGF ; N’ayons pas honte d’en parler. Engageons-nous pour REFUSER et STOPPER ces pratiques honteuses, rétrogrades et néfastes à la santé des femmes et des filles», a exhorté Anne-Désiré Olotto,  ministre de la Solidarité, de la Famille,  de la Femme et de l’Enfant.

La  Journée internationale contre les mutilations génitales  est  un appel des Nations unies pour une Synergie d’actions des gouvernements, de la Communauté Internationale et de la société civile pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro (0) aux Mutilations génitales féminines (MGF).  Les mutilations génitales féminines ou excisions, quant à elles,  se caractérisent par l’ablation partielle, total ou encore par  l’altération  des groupes génitaux féminins externes, pour des raisons non médicales.

 

Mariam Sorelle 

23/01/2014

Désabusé par le système des ‘’margouillats’’ : Un collectif de 5 000 fonctionnaires saisit la ministre en charge de la solidarité

 

 

 

Les responsables de la Coordination des fonctionnaires victimes des précomptes abusifs (C.F.V.P) étaient le vendredi 25 octobre 2013 au cabinet de la ministre en charge de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant pour solliciter l’aide du gouvernement contre les usuriers. 

«des précomptes abusifs ont désuni certaines familles, nous constatons avec amertume la présence de fonctionnaires en détresse dans les gares d’Abidjan. Ils vivent comme des clochards car leur chemise constitue, leur couverture nocturne. Certains ont abandonné épouses et enfants qu’ils ne peuvent plus entretenir. Beaucoup se sont réfugiés dans l’alcool. Ces fonctionnaires presque en haillons, en loques se promènent à Adjamé avec des sachets bleus contenant tout juste une brosse à dent ». Telle est la condition de vie des fonctionnaires surendettés auprès des usuriers communément appelé ‘’margouillats’’ décrite, par le porte-parole de la Coordination des fonctionnaires victimes des précomptes abusifs (C.F.V.P), Bolou Bouabré à la ministre Anne Désirée Ouloto. Selon lui, par solidarité, le gouvernement ivoirien se doit de venir en aide à ces fonctionnaires comme cela avait été fait en 1993 par Alassane Ouattara, alors Premier ministre, avec la suppression pure et simple des précomptes. Le président de la Coordination, Sy Savané Moriféré, a, quant à lui, révélé que le collectif compte 5000 fonctionnaires, fortement endettés, issus de tous les services du public. « ¾ des précomptés sont des enseignants. Ce qui explique que l’école ivoirienne est depuis des années dans une léthargie sans précédent malgré les méthodes pédagogiques importées à coût de milliards. Ployant sous le poids des dettes, le fonctionnaire en général et l’enseignant en particulier ne sont pas en mesure d’assurer une carrière et une vie familiale décente », a-t-il affirmé. Selon le collectif, les prêts de ces usuriers ne respectent aucune règle légale et les fonctionnaires du collectif sont lourdement endettés.

Anne Ouloto s’engage, mais exige plus de responsabilité

La ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme, et de l’Enfant, Anne Désiré Ouloto, s’est dite affectée par cette situation qui mine l’existence des fonctionnaires ivoiriens et par delà, affecte leur vie familiale. Elle a annoncé la tenue d’une enquête sociale et la mise en place d’une cellule d’écoute et d’encadrement à l’endroit des concernés. Affirmant que des mesures légales et spécifiques seront prises par le gouvernement, la ministre a appelé les fonctionnaires à plus de plus responsabilité. « Je prends la pleine mesure de la gravité du problème. Le gouvernement va se saisir de la question mais je veux votre engagement. Vous pouvez sortir de là et vous vous devez sortir de cette situation. Si de nombreux fonctionnaires parviennent à mener une vie décente sur la base de leur salaire, il est possible que les concernés s’en sortent. Tout est question d’organisation et de principe de vie. Il est préférable de vivre selon ses moyens, selon ses ressources et garder sa dignité», a-t-elle conseillé. Anne Désiré Ouloto a promis d’évoquer ce problème au prochain Conseil des ministres.

Mariam Sorelle