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01/04/2014

Feu Awa Fadiga, retour sur un meurtre qui a ravivé les réseaux sociaux

 

Après une vague de consternation, de remue-ménage sur la toile, le mannequin Awa Fadiga a été enseveli le lundi 31 mars 2014 au cimetière de Williamsville. La douleur de ses amis, proches et sympathisants reste aussi vive qu’à l’annonce de son décès le  lundi 25 mars aux environs de 11 heures des suites d’une agression et d’un manque de soins au Chu de Cocody. Ce mannequin très peu connu en Côte d’Ivoire est aujourd’hui une star planétaire qui de par sa mort met à nu le dysfonctionnement dans les hôpitaux ivoiriens.

 

 

Un communiqué jugé inopportun

 

 

 Tandis que la mort du mannequin âgé de 23 ans, rencontre l’indignation sur la toile des internautes qui accusent les médecins d’avoir délibérément laissé mourir Awa Fadiga  sur le carreau du Chu de Cocody à cause d’une modique somme de 12.000 franc CFA, la  ministre de Santé et de la Lutte contre le Sida, Raymond Goudou Koffi, vole au secours des médecins  en produisant  un communiqué pour contester les dires  des parents et amies du jeune mannequin.  Communiqué qui mettra le feu aux poudres. « Madame le Ministre, l'estime résiduel que j'ai encore pour vous me recommande de vous demander de vous abstenir d'alourdir le deuil des parents et amis de Awa en cherchant à falsifier les faits. Pendant que le procureur s’est saisi du dossier, et que nous sommes en train de chercher à calmer les esprits depuis ce matin à la morgue du chu de cocody, d'où vient encore cette funeste idée d'organiser une conférence de presse pour appuyer votre communiqué inopportun et inutile face à une situation qui aurait pu s'estomper avec des mots simples. Hélas madame le ministre, à travers votre communiqué inapproprié, vous vous êtes solidarisée de la faute qui vaut vie humaine, alors il vous faudra être solidaire de la sanction », avait écrit dans une lettre ouverte  Karim Ouattara, conseiller spécial du président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), chargé de la jeunesse en guise de réponse à la ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA.

 

 

 

« Le CHU de Cocody  est responsable de la mort de Awa. Ils ont serment de soigner, ils n’ont pas le droit de laisser les gens mourir pour 12 000 FCFA. Je ne vais pas laisser cette affaire ; à partir de ma fille, plus personne ne mourra dans un hôpital pour les premiers soins. Je ne veux plus de morts pour les premiers soins dans le pays. Je vais lutter jusqu’à ce que justice soit rendue. Je remercie tout le monde, surtout vous de la presse, les réseaux sociaux pour la mobilisation autour de ma fille. J’irai jusqu’au bout. C’est cruel, mais ce sera la dernière fois en Côte d’Ivoire ».  Ces propos de la tante d’Awa Fadiga effondrée,  accompagnée de la volonté affichée des internautes (pétitions, sit-in...) parviendront-ils à rendre justice au mannequin et autres victimes qui ont connu le même sort qu’elle dans nos hôpitaux. Le meurtre d’Awa Fadiga fera-t-il école dans une Côte d’Ivoire à la recherche de l’émergence ? Les jours à venir vont nous éclairer.

 

Mariam Sorelle