topblog Ivoire blogs

23/01/2014

Deux nuits au cœur de la délivrance de 32 enfants sorciers

 

 

 

      
Invité pour la délivrance de Douaville, village situé à 6 kms de Hiré, le guide spirituel et président de la Confédération africaine de lutte contre la délinquance et les crimes spirituels, Joël Krasso a procédé les 16 et 17 novembre 2013 ‘’au procès’’ et à la délivrance  de 32 enfants déclarés sorciers. Récit détaillé des faits.
 
Ces enfants dits sorciers ont été démasqués à l’aide de bonbons que l’homme de Dieu avait précédemment fait reposer  dans de l’huile d’olive. Après avoir mangé ces bonbons, tous les enfants du village impliqués dans les œuvres démoniaques ont été pris de diarrhée et le lendemain matin, ils sont venus au lieu de résidence  du prophète dans le village pour faire leurs aveux.  Ils étaient au nombre de 32,  âgés de 5 à 13 ans. Afin de les délivrer de l’esprit du mal, le prophète a exigé que ces enfants avouent devant tous les habitants du village qu’ils sont  des sorciers et expliquent  leurs moyens d’actions.  Cette phase de la délivrance des sorciers est dénommée ‘’le  procès’’.
 
Des révélations incroyables
 
Il est 23H30 quand nous faisions notre entrée sur le lieu aménagé pour le  ‘’procès’’ des enfants déclarés sorciers. Le chef du village de Douaville et ses notables sont  présents de même qu’une bonne tranche de la population villageoise. Il y règne une ambiance de fête, les femmes et quelques hommes dansent sur le son de la fanfare. Nous sommes pris de pitié à la vue des 32 enfants dits sorciers qui entassés dans un coin, somnolent sur une natte (une vingtaine environ).  Le ‘’procès’’ débute par une  séance de prière. 00 h54min, le Prophète Krasso entre en scène en entonnant un chant qui est repris en chœur par les villageois. Apres avoir invoqué le Christ, il ordonne qu’on lave le visage  des enfants sorciers avec de l’eau froide. Les quelques jeunes du village enrôlés  dans  la brigade de lutte contre la sorcellerie  s’exécutent. Ils lavent à tour de rôle le visage des enfants et les mettent en rang. Une bonne partie de ceux-ci se mettent à grelotter. Avec l’aide d’un interprète, le prophète les interroge. Certains enfants comprenant le français répondent directement aux questions.  Parmi les 32 enfants sorciers, 29 ont avoué sans difficultés, les 3 trois autres nient pendant un long moment avant de reconnaître qu’ils sont également des  sorciers. A la question,  qui les a initiés ? Toumi, Tolior et Auguste  sont cités comme les chefs de file. Le jeune garçon Toumi affirme avoir reçu de la viande humaine de son grand-père qui lui a demandé de la distribuer. C’est ainsi qu’en transformant dans le monde réel cette viande humaine, en fruit  ou en viande d’animal, il  a initié Tolior et Auguste qui a leur tour ont initié leurs camarades d’aire de jeux. Chacun des trois enfants ont appelé à tour de rôle  ceux qu’ils ont initiés. Formant ainsi un groupe de trois. Les témoignages sur les méthodes d’initiations sont semblables. «Je mangeais mon attieké, il est venu, il a regardé dans mon assiette. Dès que j’ai fini de manger je me suis envolé». Un autre réplique : «je mangeais mon arachide, il dit qu’il veut manger aussi. C’est ainsi que j’ai transformé l’arachide en chaire humaine, je lui en ai donné et il a été initié». Quand ces enfants se mettent à  citer le nom des personnes qui ont déjà fait les frais de leurs pratiques, des cris de stupéfactions et  d’étonnement s’élèvent de la foule. 
 
Les fêtes de fin d’année sont  des fêtes cannibales dans les confréries de sorciers
Erakin Ourega Yao qui s’autoproclame roi de la confrérie  avoue  avoir déjà attaché son père, spirituellement à un manguier. Ce dernier constituera le gibier des fêtes de fin d’année. Pour accéder au trône, il révèle avoir dû livrer 8 personnes. Comme lui, de nombreux autres enfants ont programmé un membre de leur famille pour le courant du mois de décembre. Le fils de l’interprète faisait partie du lot des enfants sorciers. Face à son père, l’enfant  hésite à parler. Son père  le met en confiance et  l’enfant lâche: «ma mère, même si physiquement elle est vivante je l’ai déjà tuée dans notre monde, de même que l’enfant qu’elle porte dans sa grossesse de 10 mois. Pour ces fêtes de fin d’année, mon père est sur la liste des personnes à exécuter», affirme-t-il. Après de tels aveux, le père est trahi par le timbre de sa voix, on le sent affecté. Il est 4 heures du matin quand l’homme de Dieu  décide de mettre fin au procès et remet la délivrance à  23 heures. Les parents avec l’espoir que leurs enfants seront délivrés, viennent les chercher pour rentrer à la maison.
 
La délivrance proprement dite
 
Au deuxième jour de la délivrance qui correspondait  au dimanche 17 novembre 2013, le prophète Joël Krasso verse de l’huile d’olive dans la bouche des enfants et sur leur visage. Et il leur fait savoir qu’après avoir bu l’huile d’olive, il ne devrait plus retourner dans le monde mystique sous peine d’en  mourir. Certains enfants se débattent et refusent de boire l’huile mais ils sont attrapés de force et contraints à la consommation. Apres cette phase, le prophète demande aux  enfants de mettre les deux mains sur la tête et de prononcer avec lui cette phrase : «Jésus entre dans mon cœur, fais de ma personne ce que tu veux que je sois». A la suite de cela, le prophète Joël Krasso prodigue des sages conseils aux enfants et leur demande de reprendre la route de l’école dès le lendemain. Afin de rassurer les instituteurs, il s’est rendu très tôt dans l’école primaire du village pour délivrer les bâtiments de toutes œuvres maléfiques.
 
Mariam Sorelle